Chapitre 5: Adieux sereins, pensées confuses

Chapitre 5 : Adieux sereins, pensées confuses


Rukia se remémorait ce qu'avait dit son frère. C'était peut-être vrai. Peut-être que tout ce qu'il lui était arrivé n'était en réalité que des illusions créées par Aizen, pour la manipuler. Peut-être cherchait-il encore à en savoir sur le Hogyôku et son hôte. Elle ne savait plus trop quoi faire. Pour savoir si tout cela était vrai, le plus simple était d'aller là où Byakuya lui avait dit, sous la chambre du conseil de Chuô, regarder les archives des réunions entre capitaines, et voir ce qui s'était dit. Mais le danger résidait dans le fait que si elle se faisait prendre, elle risquerait plusieurs châtiments. Le pire serait qu'ils se rendent compte qu'elle n'est pas sous l'emprise d'Aizen, du moins, qu'elle en est persuadée. Mais si elle n'y allait pas, si elle restait à ne rien faire, que se passerait-il ? Et si la réunion avait bien eu lieu et que les capitaines prévoyaient quelque chose... « Il est vrai que ce qu'ils prévoient ne m'importe peu... » Se dit-elle. Rukia commençait à réaliser que tout ce qu'elle faisait n'avait aucun sens. Que les Hauts-Membres de la Soul Society peuvent bien cacher quelque chose à un simple lieutenant.
Rukia se dit qu'elle devait en parler à quelqu'un, que prendre une décision seule serait tout aussi dangereux que de se faire prendre. Avoir un avis extérieur serait une aide qui ne serait pas refusée. Mais quel avis demander ? Le Capitaine Ukitake était présent lors de la réunion, et donc, si la réunion s'est belle et bien déroulée, il refusera qu'elle y aille. Son frère était parti dans le quartier général de sa division depuis leur discussion, et elle n'était pas prête de le revoir, de même qu'aller directement le voir au quartier général risquait d'attirer les soupçons. Renji était blessé, et ne pouvait recevoir aucune visite. Quelle personne proche d'elle était encore en état de la voir et de discuter avec elle... Rukia ne voyait qu'une seule personne. Et même si elle n'avait pas tellement envie d'aller lui en parler, elle n'avait pas d'autre choix. Elle sortit donc de la maison du clan Kuchiki, et alla en direction de l'endroit qui avait été mis à disposition pour les Âmes Errantes.

Il faisait beau, comme la veille, dans la Soul Society. L'activité était normale, voire tranquille. Depuis la fuite d'Aizen, il y avait de moins en moins de Hollows qui faisaient irruption dans le monde réel, ni dans la Soul Society. Les Shinigami pouvaient donc prendre un peu de repos, s'entraîner, faire ce qui leur plaisait. Une ambiance joyeuse régnait donc dans toute la Seiretei. Rukia se rendit compte qu'elle allait bientôt passer dans la ruelle où, une semaine auparavant, elle s'était retrouvée oppressée par cette espèce d'ombre, et où elle avait entendue cette voix.
Elle approchait avec une légère appréhension. Rukia avait la possibilité de contourner cette ruelle, mais elle avait envie de voir s'il restait une trace, pour lui prouver qu'elle n'avait pas rêvé.
Quelques minutes après, elle se retrouvait là où cela s'était passé. Elle chercha une quelconque trace, une quelconque preuve. Elle espérait à la fois que cela se soit passé, ce qui aurait montré qu'elle n'était pas folle, mais si cela n'était pas arrivé, ce serait plus simple pour la Soul Society, car cela voudrait dire que la soit-disante menace n'existait pas. Après avoir fouillé tous les moindres recoins, elle repartit sans la moindre preuve. Après tout, il était possible qu'en une semaine, toutes traces aient été nettoyées par inadvertance...
Elle arriva enfin devant la maison où devait se reposer Ichigo et tous ses amis. L'endroit était calme, ce qui était bizarre aux yeux de Rukia, car elle n'imaginait pas Ichigo être capable de se tenir en place pendant toute une journée voire plus. Elle découvrit bientôt la raison de ce silence et de cette ambiance calme : la maison était à présent déserte, toutes les Âmes Errantes allaient être rapatriées vers le monde réel.
« - Il ne peut pas ! Ichigo ne peut pas partir ! Pas comme ça ! Il n'a pas le droit ! »
Rukia se rendit compte qu'elle avait pensé à voix haute, et qu'elle avait les larmes aux yeux.
Il fallait vite qu'elle retrouve Ichigo et ses amis, qu'elle lui parle. Elle ne savait pas où aller pour le chercher. Si ça se trouve, ils étaient déjà partis !
« - Ca ne va pas Mademoiselle Kuchiki ? Vous avez besoin d'aide ? Dit une voix derrière Rukia. »
Elle se figea sur place. Encore une voix qu'elle entendait... Même si elle appartenait à quelqu'un cela était tout de même surprenant d'entendre quelqu'un parler alors qu'on ne le voit pas.
Rukia mis un temps à réagir. Elle venait de comprendre à qui appartenait cette voix. Et sans se retourner non plus, car elle avait peur de voir que personne n'était là et qu'elle avait encore entendu des voix, elle dit :
« - Hanatarô, sais-tu où se trouve Ichigo en ce moment ? Le ton de sa voix était anxieux. Elle attendit une réponse. Elle avait l'impression d'attendre pendant des heures, mais une seconde n'était même pas passée.
« - Oui bien sûr. Il m'avait dit de le prévenir si je savais si tu étais réveillée. Il est actuellement au quartier général de la onzième division, entrain de faire ses adieux au Capitaine Zaraki et à tous ceux qu'il connait là-bas. Pourquoi ? Hanatarô avait répondu normalement, mais il s'était rendu compte que ses paroles avaient eu un certains effet sur Rukia, car lorsqu'elle se retourna, elle avait les larmes aux yeux et souriait.
- Merci Hanatarô ! Elle disait cela dans un soupir de soulagement. Peux-tu m'y amener ? Bien qu'elle sache où se trouve le quartier général de la onzième division, elle préférait être accompagnée.
- Euh... Oui bien sûr, mais je...
- Merci ! »
Rukia avait sautée au cou d'Hanatarô. Mais le relacha quelques instants après, voyant la tête du membre de la quatrième division rougir. Mais elle ne l'avait pas lâché pour cela, elle s'était rendue compte qu'elle se comportait trop excessivement depuis un certains temps. Elle se contenta donc de le suivre, jusqu'à l'endroit où était censé être Ichigo.
Le bâtiment n'était pas très différent des autres de la Seiretei, mais on pouvait voir que c'était celui de la onzième division, car beaucoup de bruits se faisaient entendre, et il y avait quelques Shinigami recouverts de bleus à l'entrée.
L'intérieur ressemblait à un immense dojo, et Rukia fut heureuse de voir la tête d'Ichigo parmis tous ces Shinigami. Sans plus attendre, elle l'entraîna à l'extérieur, surprenant au passage les quelques Shinigami entre lesquels elle s'était frayée un chemin jusqu'à Ichigo. Elle remarqua aussi que le fait de l'emporter ainsi, et aussi facilement, en laissa quelques uns bouche bée, et que cela ne plaisait pas au capitaine, car il espérait surement se battre contre lui avant qu'il ne reparte. Mais personne ne bougea, et ils les laissèrent partir sans dire un mot. Hanatarô voulu les suivre, mais il arrêta son geste et compris qu'il fallait les laisser seuls, car ils allaient bientôt être séparés.
Rukia coura pendant un certains temps, tenant Ichigo par la main. Elle cherchait un endroit désert. Arrivé à la frontière entre la Seiretei et le Rukongai, ils s'arrêtèrent.
« - Mais qu'est-ce qui t'arrive au juste ? Tu m'emportes comme ça sans rien dire, tu veux quoi ? Demanda enfin Ichigo. Au moins, on peut dire que tu es maintenant en pleine forme. La dernière fois que je t'ai vue tu étais toute stressée par rapport à cette réunion.
- J'ai quelque chose à te demander, Ichigo ! Dit-elle, haletante, reprenant son souffle.
- Vas-y j'attends, c'est à propos de quoi ?
- Justement, c'est à propos de cette réunion, je... Mais elle s'arrêta, elle vit qu'il la regardait bizarrement.
- Tu es encore sur cette affaire ?! Mais qu'est-ce qui t'arrive au juste là, tu es bizarre et tu t'occupes de choses sans importance ou qui ne te regarde pas ! Reprit Ichigo après quelques instants de silence.
- Le problème c'est qu'il n'y a pas que cette réunion... Quelque chose s'est aussi passé après. »
Rukia lui raconta donc ce qui s'était passé juste après qu'ils se soient séparés, sans oublier le fait qu'elle le soupçonnait encore d'avoir été la voix qu'elle avait entendue ce jour-là.
Lorsqu'elle eut fini, Ichigo se posa contre un arbre et réfléchit un moment.
« - Je ne sais pas trop quoi penser, mais il y a une chose que je peux t'assurer, c'est que ce n'était pas moi qui ait prononcé ces mots. Certes j'étais le plus proche et le seul encore éveillé, mais je t'assure que je ne l'ai pas dit, et que je ne sais pas ce qui s'est dit à la réunion. Une chose est sûre, c'est qu'il ne faut pas reculer devant ce que tu as envie de faire. Souvent les choses les plus improbables et les plus dangereuses peuvent permettre de grandes choses. Regarde, que serait-il arrivé si tu n'avais pas décidé de me passer tes pouvoirs, ou si je m'étais dit que te sauver était trop dangereux et que j'avais décidé d'écouter ton ordre qui était de rester dans le monde réel sans venir te secourir ? Rien de tout cela ne se serait passé, et nous serions peut-être morts. Donc je pense qu'il faut faire ce dont nous avons envie, du moment qu'il y ait une suite à ce que nous faisons, et que nous ne prenions pas de risque inutilement. Si tu penses que la réunion s'est réellement passée et que tu penses avoir été la victime d'une menace pour la Soul Society, eh bien va vérifier. Si tu veux savoir si tu es folle ou non, vas-y. Ichigo venait de dire tout cela le plus sincèrement qui puisse. Rukia s'en rendit compte, elle en fut heureuse.
- J'ai une deuxième chose à te demander, Ichigo. M'accompagneras-tu ? Seras-tu à mes côtés ? Elle posait la question, mais elle était quasiment sûre de la réponse.
- Malheureusement, Rukia, je ne peux pas. Il avait un soupçon de regrets dans la voix. Je dois rentrer aujourd'hui même dans mon monde, retrouver ceux qui me sont proches. Je serais à tes côtés, c'est sûr, mais je ne pourrais l'être que mentalement. »
Ses mots blessèrent Rukia. Ce n'était pas du tout ceux auxquels elle s'attendait. Elle pensait qu'une fois de plus Ichigo allait l'aider et la sauver en cas de besoin, mais ce n'était pas du tout cela, elle allait être seule.
« - C'est l'heure, Rukia. Je dois y aller, ils vont ouvrir une porte sécurisée pour nous. »
Sur ce, ils se dirigèrent là où était censée se trouver la porte. Tout le monde était présent. Les adieux n'étaient pas remplis de larmes, au contraire, ils étaient plutôt joyeux. À la grande surprise, Rukia se vit offrir une robe par Inoue, de la part d'Ishida. Inoue lui dit aussi quelque chose qu'elle ne comprit pas vraiment, mais qui laissait fortement à croire qu'Ishida était amoureux d'elle.
Se fut au tour d'Ichigo et de Rukia de se dire adieu. Pas beaucoup de mots furent prononcés, mis à part des remerciements. Mais il y avait toujours cette once de regrets dans les yeux d'Ichigo. Il regrettait de ne pas pouvoir l'aider. Rukia le vit. Lorsqu'ils traversèrent la porte et qu'elle les perdit de vue, elle se dit qu'elle suivrait ce qu'Ichigo lui avait dit : qu'il fallait faire ce qui nous plaisait, ce que l'on voulait, quelque soit le danger, du moment qu'il y avait une suite possible à nos actes.
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# Posté le mercredi 28 mai 2008 11:12

Chapitre 6: Rencontre sous un ciel étoilé

Chapitre 6 : Rencontre sous un ciel étoilé



Le jour tendait à disparaître. La plaine devenait de plus en plus sombre. Les hautes herbes qui ondulaient au vent formaient une masse noire, telle une ombre menaçante qui se déplace dans les ténèbres.
Il avançait, sans trop savoir où il allait. Il repensait à la pauvre bête qu'il venait de tuer. « Tuer pour manger » se disait-il, quoi de plus normal... Mais cette bête pensait peut-être, comme le font les humains. Elle était peut-être heureuse, et avait l'équivalent d'une famille, d'êtres qui l'aimaient, malgré le fait que ce ne soient que des animaux... Cela le blessait de se dire qu'il venait de priver un animal de ces joies de la vie, à son profit. « L'égoïsme est donc une des grandes lois qui régissent ce monde. » Remarqua-t-il. Il se sentait coupable, il pensait qu'il était un meurtrier.
« - Ce n'est pas vrai. Se dit-il. Je ne suis pas un meurtrier. J'ai juste obéis à mon instinct. Celui dont la Nature nous a dotés. Je mange pour survivre, j'applique la loi du plus fort. » Cela ne le convainquait pas, mais c'était la vérité. La bête qu'il avait tuée n'était que le dernier acteur de cette loi, celui qui en tire le moins d'avantages.

Il marchait sans trop savoir où il allait, comme à son habitude. Il traversait bosquets et plaines. Il n'avait pas la notion du temps et donc ne savait pas s'il marchait depuis longtemps, mais il y prenait toujours plaisir.
Lorsqu'il n'avait pas besoin de chasser, il voyait les animaux d'une autre façon. Pour lui, ces créatures étaient toutes l'Être parfait, celui qu'une entité divine, supérieure à toutes, avait façonné, pour le plaisir de la voir s'éveiller, s'épanouir sur cette Terre, vivre et être libre.
Il trouvait que le chant des oiseaux était plus resplendissant à entendre que n'importe quelle symphonie écrite par un grand compositeur, le nid plus réussi et confortable que n'importe quel palais royal construit par le plus grand architecte, l'allure des félins plus belle que le plus beau visage qu'une femme ait pu avoir. Il était l'un des rares Hommes à penser que ce dernier est le brouillon de la vie, l'Être que la divinité supérieure rata, son premier essai.
Il admirait par-dessus tout, les félins. Ces êtres dotés de grâce, de force, et avec une allure majestueuse à en faire pâlir le plus grand des souverains. Il trouvait que ces animaux mêlaient admirablement toutes les qualités qui pouvaient exister. La beauté, la grâce, d'un côté, et la violence et le sang-froid de l'autre. Un mélange contradictoire qui frôlait la perfection.
C'était sur la façon d'être de ces félins qu'il avait basé son mode de vie. Chasser, se reposer, et marcher, un des restes laissés par sa nature d'Homme.
Son allure, lorsqu'il marchait, était la même que celle d'un Homme. Bipède, droit, fier. Mais lorsqu'il chassait ou courrait, il perdait cette nature humaine, pour prendre une allure féline. Quadrupède, agile, puissant.
C'était ainsi qu'il parcourait le monde, sans trop savoir où il était. Les humains civilisés qui le voyaient au loin, le prenaient pour un monstre tiré des légendes. Dans plusieurs endroits, on parle de loup-garou, d'homme-bête, ou encore d'incarnation malveillante et vengeresse de la Nature. Peut-être était-ce ce qu'il était, il n'en avait que faire. Il était lui-même, ce qu'il était devenu, un Homme de la nature.

Les plaines, les bosquets, les forêts, et tous les autres paysages qu'il avait traversés alors qu'il réfléchissait à tout cela, n'étaient plus que des souvenirs. La nuit venait de tomber. Il se trouvait actuellement à flanc de colline. C'était une petite colline, une petite étendue d'herbe qui tentait son ascension par mis les grands et majestueux arbres qui peuplaient la forêt alentour. Comme un bout de terre qui avait décidé de changer de nature par mis ces comparses, et qui avait décidé de s'élever. Cette petite colline était comme lui : ils étaient tous les deux différents de ceux qui l'entouraient, de ceux de la même nature qu'eux, tout en ayant tout de même des traces de cette nature changée.
Au sommet de cette colline se trouvait un petit cabanon. Au loin, la lumière qui s'échappait par les fenêtres faisait paraître comme un visage. Le plus souvent, une maison et de la lumière son synonymes de vie. Bizarrement, il eu une soudaine envie de passer une nuit en temps qu'Homme : au chaud, dans un lit, sous un toit.
Il se décida donc à y aller, pour voir si cette maison était réellement habitée, malgré le fait que la lumière prouve qu'il y avait quelqu'un, et pour voir s'il pouvait y trouver de l'hospitalité.
Plus il se rapprochait, plus il sentait qu'une modification dans l'air se faisait. Il en avait l'habitude de cette sensation. C'était la chaleur humaine.
Cette chaleur n'en était pas vraiment une. C'était une sorte de pression qu'émettaient les humains civilisés. Entre eux, ils l'appelaient « reiatsu », ou « pression spirituelle ». Il avait appris que cette même pression était utilisée pour déterminer la force brute d'une personne, et que certaines en étaient quasiment dépourvues. Mais il avait appris, sans le vouloir, à détecter ce reiatsu, même le plus infime, à plusieurs kilomètres. Cette pression spirituelle avait pour effet d'alourdir l'air, de jouer le rôle d'une entrave. Plus elle était forte, et plus l'air était lourd et les mouvements difficiles à effectuer. Cependant, les reiatsu les plus faibles, et dans le même temps, ceux qui étaient le plus courant, n'affectaient presque en rien les mouvements des autres êtres vivants aux alentours. Il se demandait comment cela faisait d'être entravé par l'air lui-même. Car il n'avait jamais eu l'occasion de rencontrer quelqu'un avec un reiatsu suffisamment important pour apporter une quelconque modification sur son corps ou sa capacité à se mouvoir.

Il était arrivé à quelques pas de la maison. Il regarda par la fenêtre, en espérant voir la personne qui habitait dans cette petite chaumière. Il n'eut pas à chercher bien longtemps : la silhouette d'un homme âgé se dessinait, assis dans un fauteuil, devant la cheminée. L'homme n'était pas endormi, il devait surement être dans ses pensées. Quelques détails laissaient penser qu'il était âgé, mais sa posture et sa carrure laissaient présager qu'il était encore en bonne condition physique.
Mais il chercha aussi une autre silhouette. Après tout, quelqu'un d'aussi reculé ne pouvait pas vivre seul, c'était impossible pour toute personne de vivre à l'écart d'une autre vie, quelle qu'elle soit. Cependant, il ne la trouva pas. Cet homme vivait bien seul. Il se mit donc à réfléchir. Que pouvais donc bien ressentir cette personne en vivant seule constamment ? De la compagnie lui ferait-il du bien ?
Il ne savait pas trop quoi faire. Il se disait juste que s'il était dans cette situation, il aimerait bien que quelqu'un lui rende visite, ne serait-ce qu'une seule fois.
Il se décida donc à adopter la posture la plus humaine et la plus naturelle qui soit, et à effectuer un geste qu'il avait souvent vu faire lorsqu'il passait dans les villes, et qu'il avait même déjà pratiqué : celui de frapper à la porte d'une maison pour que l'habitant soit interpelé et vienne ouvrir.
La porte ne tarda pas à s'ouvrir. L'homme avait effectivement un certain âge, mais était aussi en pleine forme. Cependant, quand il le vit, il se figea sur place. L'apparence sereine et exprimant aucun sentiment se transforma soudain en une expression de terreur. Ils restèrent tous les deux à se regarder pendant plusieurs minutes.
Il ne savait pas comment engager la conversation. Il ne savait pas non plus pourquoi une telle expression s'était dessinée sur le visage de cette vieille personne. Actuellement, rien en lui ou sur lui ne laissait paraître sa vraie nature, celle d'homme sauvage et libre, alors pourquoi est-ce que cette personne était-elle si terrifiée ?
« - Euh... Bonsoir. » Se risqua-t-il.
Mais cela ne fit qu'aggraver les choses. Voyant que le temps passait, le visage du vieil homme prit une autre expression. Celle que quelqu'un prend lorsqu'il est sur la défensive, qu'il veut faire pression sur son adversaire, qu'il veut le dominer. Ses traits devinrent durs, et il dit d'une voix grave :
« - Va-t-en ! Va-t-en d'ici maintenant ! Je ne veux pas te voir ! Va-t-en ou je te tue. »
Il ne comprit pas la raison de ces mots. Ce vieillard était-il insociable ? Traitait-il tous ceux qui venaient lui rendre visite de cette manière ? C'était peut-être la raison pour laquelle il s'était exilé si loin de toute vie humaine.
« - Je refuse. Expliquez-moi ce qui ne va pas. Je viens vous rendre visite et vous menacez de me tuer. » Sa voix était devenue rauque, et l'on pouvait sentir un soupçon de bestialité en elle. La colère faisait réapparaître son côté naturel, libre, mais le ton de sa voix restait étonnamment calme.
Cependant, le vieillard ne répondit pas. Il rentra dans la petite chaumière, fermant la porte. Il resta devant un certains temps, se demandant ce que l'homme pouvait bien faire. Au bout d'une petite minute, la porte se rouvrit et le vieillard réapparu derrière, armé d'un semblant d'arme à feu.
« - Tu ne veux pas partir, hein ! Bouge pas que je t'envoie loin d'ici ! Dit-il en levant son arme et en visant sa tête. »
Mais le vieillard n'eut pas le temps de réagir. D'un geste vif, li attrapa le fusil, et à une main, le tordit, formant un angle droit avec le canon.
Devant ce geste, le visage de l'homme prit une expression plus effrayée.
« - Tu n'as donc pas changé ! Tu es toujours aussi violent ! Dit-il sur un ton de reproche. Je... Je te demande de partir ! » Sa voix était devenue, sur la dernière phrase, tremblotante et suppliante.
Que voulait-il donc dire par ce « Tu n'as pas changé » ? Il sentit un sentiment bizarre monter en lui, un sentiment qu'il ne connaissait pas, qu'il n'avait jamais ressenti auparavant.
Mais à peine eu-t-il le temps de réagir, que le vieillard avait déjà couru pour retourner à l'intérieur de la maison, laissant la porte ouverte. Il n'entra pas, et se demanda pourquoi est-ce qu'il avait fuit pour se réfugier dans un endroit où il serait forcément pris à piège. Cependant, il y eu un autre bruit de porte. Il comprit que le vieillard venait de s'enfuir par la porte de derrière.
Il ne sait pas pourquoi, mais il éprouva le besoin de le poursuivre. Il le suivit alors pendant plusieurs minutes, laissant l'homme courir devant lui, car il aurait pu le rattraper comme il le voulait, mais quelque chose lui disait d'attendre.
Ils traversèrent donc la colline, sous le ciel étoilé. Le vieillard s'engouffra dans les bois. Malgré la distance qu'il venait de parcourir, il ne semblait pas fatigué.
Les bois étaient beaucoup plus sombres que la colline. La lumière des étoiles et de la Lune ne passait pas à travers l'épais feuillage. Il avait du mal à voir où allait le vieillard, qui semblait courir sans savoir où il allait.
À un moment, le vieillard sembla disparaître. Il ralentit sa cadence, et arriva à l'endroit où il l'avait vu se volatiliser. Il s'arrêta, regarda, voulu continuer d'avancer, mais au moment où il voulu poser son pied à terre, celui-ci ne la trouva pas. Il regarda bien : il se trouvait au bord d'un précipice, et le vieillard venait de s'y précipiter.


Voilà, c'est tout pour cette premire fois ;)
Je vais essayer de faire un chapitre par semaine.
Merci d'avoir lu jusqu'au bout de ces 6 chapitres ^^ La suite pour bientôt.

# Posté le mercredi 28 mai 2008 11:15